Les Championnats du monde HYROX 2026 ont enflammé la Strawberry Arena de Stockholm. Récit des jours 1 et 2 : le sacre fou d'Alyssa McElheny, le sprint dingue de Dylan Scott sur Tim Wenisch, le doublé royal de Rončević-Wenisch et nos Français Dufour-Lecorgne dans le grand bain.
Stockholm, capitale mondiale du fitness racing
Il y a des week-ends qui font basculer un sport dans une autre dimension. Du 18 au 21 juin 2026, l'HYROX a posé pour la première fois ses Championnats du monde en Scandinavie, à la Strawberry Arena de Solna, la plus grande enceinte couverte des pays nordiques. Le gratin de la planète, le top 0,5 % d'une saison qui a rassemblé plus d'un million de pratiquants, s'est donné rendez-vous pour une finale dotée d'un prize pool record d'environ 504 000 dollars, près du double de l'an dernier.
On a suivi pour toi les deux premières soirées, et autant le dire tout de suite : c'était énorme. Une débutante qui détrône la recordwoman du monde, un titre arraché sur l'ultime lancer de balle, un doublé royal chez les doubles. Voici le récit des jours 1 et 2. Le bilan du week-end, samedi et dimanche, suivra dans un second article.
Jeudi soir : une ouverture à la démesure de l'événement
À 17h00, le traditionnel Walk-In of Nations a lancé les hostilités : les athlètes sont entrés dans l'arène derrière leurs drapeaux, sous les jeux de flammes, pour une cérémonie d'ouverture qui a donné le ton. Première finale mondiale HYROX en Suède, plus grande arène de Scandinavie, écrans géants, foule compacte : le format né dans une salle de sport allemande en 2017 jouait clairement dans la cour des grands.
Et dans la foulée, place au sport, avec les deux courses les plus attendues : l'Elite 15 individuel femmes à 19h00, puis l'Elite 15 individuel hommes à 20h30. Quinze femmes, quinze hommes, les meilleurs du monde, un seul titre chacun.
Elite 15 femmes : le sacre fou d'Alyssa McElheny
Tout désignait l'Australienne Joanna Wietrzyk, recordwoman du monde et autrice d'une saison référence. En début de course, elle menait d'ailleurs aux côtés de l'Américaine Lauren Weeks. Mais c'est une autre histoire qui s'est écrite.
Au sled pull, l'Américaine Alyssa McElheny a fondu sur la tête de course, dépassé Wietrzyk, puis creusé l'écart sur les fentes sandbag pour aborder les wall balls finaux avec près de 45 secondes d'avance. Le plus fou ? C'était seulement sa cinquième course solo et sa toute première apparition en Elite 15. Ancienne athlète de fond reconvertie, du 800 m au marathon, elle s'était même blessée à la cheville quelques jours plus tôt. Championne du monde pour ses débuts dans l'élite, en 56:59.
Derrière, l'intensité fut rare : trois athlètes tenaient en 25 secondes. Wietrzyk a sauvé l'argent (57:14), l'Anglaise Sinéad Bent a complété le podium (57:24) après être revenue valider son sled pull, et la triple championne du monde Lauren Weeks a dû se contenter de la cinquième place (58:47).
| # | Athlète | Pays | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Alyssa McElheny | USA | 56:59 |
| 2 | Joanna Wietrzyk | AUS | 57:14 |
| 3 | Sinéad Bent | ENG | 57:24 |
| 4 | Calypso Sheridan | AUS | 58:16 |
| 5 | Lauren Weeks | USA | 58:47 |
Elite 15 hommes : Dylan Scott foudroie Wenisch sur la dernière balle
Quel scénario. Hunter McIntyre a pris la course en main sur le premier kilomètre, avant que le champion du monde 2025 Tim Wenisch ne s'empare du commandement aux fentes sandbag. Tout s'est joué à l'ultime station, les wall balls. Wenisch y est entré en tête, puis a commencé à craquer après une soixantaine de répétitions.
C'est là que l'Américain Dylan Scott, encore sixième en abordant la station, a sorti la course de sa vie. Revenu balle après balle, il a bouclé sa dernière répétition et sprinté pour coiffer Wenisch sur la ligne, titre mondial en 53:47. « Sur les burpees, je me disais : peut-être un top 5. Et là, oh mon dieu, je viens de gagner », racontait-il, incrédule.
Le dénouement a été cruel pour Wenisch : sa dernière wall ball jugée incomplète lui a valu 15 secondes de pénalité, le faisant reculer de la deuxième à la troisième place (54:04) et promouvant le Belge Louis Osselaer à l'argent (54:02). Charlie Botterill, gêné aux wall balls par un équipement vidéo masquant sa cible, a obtenu 7 secondes de crédit après examen et termine quatrième. Le Canadien Cole Learn, lui, a été disqualifié pour avoir quitté le ski erg avant les 1000 mètres. Densité folle : les quatorze finishers ont tous bouclé sous les 55 minutes.
| # | Athlète | Pays | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Dylan Scott | USA | 53:47 |
| 2 | Louis Osselaer | BEL | 54:02 |
| 3 | Tim Wenisch | GER | 54:04 |
| 4 | Charlie Botterill | ENG | 54:04 |
| 5 | Hunter McIntyre | USA | 54:07 |
Vendredi : les doubles d'élite, encore plus rapides
Vingt-quatre heures plus tard, les paires d'élite ont remis le feu à la Strawberry Arena, avec des chronos encore plus impressionnants qu'en individuel. Et deux visages connus de la veille allaient en sortir grandis.
Doubles hommes : Rončević et Wenisch, le doublé royal
Battu de justesse la veille en individuel, Tim Wenisch n'a pas attendu longtemps pour prendre sa revanche. Associé à l'Autrichien Alexander Rončević, le duo, déjà détenteur du record du monde de la spécialité, a survolé l'épreuve en 48:57, l'une des quatre seules paires sous les 50 minutes. Il a fallu résister à la pression constante de Jake Williamson et Hunter McIntyre, accrochés tout du long, avant de faire la différence et de l'emporter avec 35 secondes d'avance. « On a effacé nos points faibles », résumait Wenisch. Le bronze s'est joué dans un mouchoir, Rich Ryan et Pelayo Menéndez devançant Charlie Botterill et Ollie Russell de quatorze secondes.
| # | Équipe | Pays | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Alexander Rončević & Tim Wenisch | AUT / GER | 48:57 |
| 2 | Jake Williamson & Hunter McIntyre | ENG / USA | 49:32 |
| 3 | Rich Ryan & Pelayo Menéndez | USA / ESP | 49:34 |
| 4 | Charlie Botterill & Ollie Russell | ENG | 49:48 |
| 5 | Luke Greer & Harry Thompson | ENG | 50:18 |
Doubles femmes : Weeks et Tafuto intouchables
Frustrée de sa cinquième place en individuel, Lauren Weeks s'est rattrapée de la plus belle des manières. Associée à sa compatriote Vivian Tafuto, l'Américaine a mené de bout en bout pour s'imposer en 53:31, dans une démonstration de maîtrise. Les Anglaises Sinéad Bent et Lucy Procter, un temps revenues à hauteur, ont écopé d'une pénalité et terminent deuxièmes (53:56), devant le duo anglo-gallois Charlie Searle et Lauren Stockley (54:34). Weeks et Tafuto ont franchi la ligne main dans la main.
| # | Équipe | Pays | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Lauren Weeks & Vivian Tafuto | USA | 53:31 |
| 2 | Sinéad Bent & Lucy Procter | ENG | 53:56 |
| 3 | Charlie Searle & Lauren Stockley | ENG / WAL | 54:34 |
| 4 | Jess Pettrow & Joanna Wietrzyk | AUS | 54:39 |
| 5 | Meg Martin & Calypso Sheridan | AUS | 55:23 |
Le fait français : Dufour et Lecorgne dans le grand bain
Pour le clan tricolore, ces doubles d'élite avaient une saveur particulière. Xavier Dufour et Martin Lecorgne, seule paire 100 % française du plateau, ont vécu leur première finale mondiale. Verdict : une douzième place en 51:41, dans un contexte impitoyable où la moindre faute se paie cash. Les Français ont d'ailleurs écopé d'un carton rouge pour des pieds décalés sur les burpee broad jumps, une pénalité de 15 secondes qui a sans doute coûté quelques rangs. L'autre Français de l'élite, Alan Cao, était lui aussi engagé en doubles, associé à l'Anglais Marc Dean.
Rien d'anecdotique pour autant : se qualifier pour une Elite 15 mondiale, c'est déjà entrer dans le tout petit cercle des meilleurs de la planète. On revient sur le parcours express de Xavier Dufour dans son portrait, du pentathlon aux Mondiaux en un an, et sur les enjeux complets de ces Championnats dans notre preview.
Et maintenant ? Cap sur le week-end
Le plus gros reste à venir. Samedi et dimanche, place aux milliers de finishers en age group, à l'Adaptive Invitational et au très attendu Mixed Relay Invitational du dimanche soir, où les nations s'affrontent en relais de quatre. On te prépare un second article pour le bilan du week-end. En attendant, tous les chronos, vague par vague et athlète par athlète, sont sur notre page Résultats HYROX World Championships Stockholm 2026, avec le temps par épreuve détaillé de chaque course.
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